Some Facts from the War 1914-1918 in Aveyron
Quelques données de la guerre 1914-1918 en Aveyron
Quelques données de la guerre 1914-1918 en Aveyron
(Stock photo / Banque d’images)
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Pierre DOUZIECH (1979-2014) - Excerpt from his Contemporary History master’s dissertation “World War I Memorials of Aveyron”, September 2002.
During WWI the Aveyron department lost more than 4% of its population, a rate similar to that of bigger regions like Champagne, Pas-de-Calais, and Picardie, and higher than the national average. This high ratio can be explained by the fact that Aveyron was a rural department where many people worked on farms. The death toll of this terrible slaughter rose to 14,974. In addition there were 3,550 wounded, 6,000 widows, and 7,500 orphans. In 1911, the census listed 369,448 inhabitants in the department; in 1914 that number reached 370,188. In 1921, the number was down to 332,940; there were 36,500 persons less, which gives us an idea of the impact of the war on demographics. However, WWI was not the only cause of population decline, but it did speed up the population changes that had started off before 1914. The different types of social classes were not equal in the face of death: about 62% of mobilized victims were farmers; 14.5% were tradesmen or shopkeepers; and 7.4% were workers. The reason for this disparity is that Aveyron was basically a rural area where farmers were massively recruited as infantrymen. They were more exposed to danger in the trenches, and in the harrying operations devised by General Foch. Moreover, regiments which boasted Aveyron natives were quite popular with military officers who valued their stamina and obedience. Thus, the 122th Infantry Regiment was involved in most of the major battle fronts during the war. It was the pride of the country, and the nation bestowed awards, medals and mentions upon many of its soldiers. This being said, apart from the farmers, the other classes who proportionally suffered the highest death toll were schoolteachers and higher education graduates who were recruited as officers, and as such, were often on the frontline with the squads they led. The “blood tribute” paid by the industrial areas of Decazeville and Aubin, 2.99% and 2.62% respectively, is much lower because their industries were vital to the war effort, and many workers had landed special jobs and remained behind. Still, these abstract figures represent 561 and 581 persons who actually lost their lives. Rural districts paid the highest price. For instance, Estaing lost 6.32% of its total population. In general, most of the districts of northern Aveyron had the highest death toll: La Bastide-Pradines with 9.61%, and Arques with 9.59%, lead the gruesome list of death casualties. This means 1 person out of 10, including women and children. If we take into account just the men, then it means 1 person out of 3 or 1 out of 4. These statistics match the death toll rates listed by mobilization classes, which can be as high as 33%. When the war finally ended, its consequences were still visible in people’s daily lives: disabled and wounded ex-servicemen bore witness to the great tragedy. Moreover, country-level statistics show that more than 1 survivor of WWI out of 5 had died by 1938. |
Par Pierre DOUZIECH (1979-2014) - Extrait du mémoire de maîtrise d'histoire contemporaine « Les monuments aux morts de la Grande Guerre de l'Aveyron » - septembre 2002.
Le département de l'Aveyron avec plus de 4% de pertes sur la population, connaît un taux comparable aux régions françaises comme la Champagne, le Pas-de-Calais ou la Picardie et reste supérieur à la moyenne nationale. Ce fort pourcentage s'explique par la ruralité du département comptant en conséquence de nombreux actifs agricoles. Le conflit a engouffré 14 974 victimes dans son insatiable appétit d'hommes. A cette hécatombe, il faut ajouter les 3 550 blessés, 6 000 veuves et 7 500 orphelins. Au recensement de 1911, on comptait 369 448 habitants sur le département – 370 188 en 1914, en 1921, ils ne sont plus que 332 940. Avec 36 500 personnes en moins, on conçoit mieux l'ampleur du « cataclysme démographique ». Néanmoins, la Grande Guerre ne fut pas la seule responsable de ce déclin démographique: elle a été un « accélérateur » de réalités démographiques antérieures à 1914. Toutes les classes professionnelles ne furent as égales devant la mort. Ainsi près de 62% des mobilisés morts étaient des agriculteurs ; 14,5% étaient des artisans ou commerçants ; et 7,4% étaient des ouvriers. Ces chiffres s'expliquent par le fait que l'Aveyron était un département largement rural et que les agriculteurs furent massivement enrôlés comme fantassins, et donc particulièrement exposés dans les tranchées et par la tactique du « grignotage » choisie par le généralissime Foch. Les régiments comptant des aveyronnais avaient, de plus, une bonne réputation auprès des militaires qui appréciaient en eux leur endurance et leur obéissance. Le 122è régiment d'infanterie connut ainsi la plupart des « grands » théâtres d'opération durant la guerre et fit honneur au pays et à la nation qui lui rendit par diverses décorations et citations. Ceci dit, proportionnellement, les classes les plus touchés auprès des agriculteurs furent les instituteurs et les membres des hautes écoles qui se retrouvèrent comme officiers souvent à la tête d'une escouade et donc, en première ligne, avec les Poilus. L' « impôt du sang » fut moins lourd pour les pays industriels de Decazeville et d'Aubin avec respectivement 2,99% et 2,62% qui s'expliquent par le fait que ces industries étaient vitales à la configuration de l'effort de guerre et, en conséquence, nombre d'ouvriers furent réquisitionnés en tant qu'affectés spéciaux. Ces taux abstraits représentent néanmoins 561 et 581 vies humaines. Les cantons ruraux furent les plus touchés, ainsi celui d'Estaing avec 6,32% sur sa population totale, et plus globalement les cantons du Nord-Aveyron furent sévèrement touchés. La Bastide-Pradines avec 9,61% et Arques avec 9,59% inaugurent la triste liste des pertes humaines. Soit près d'une personne sur 10, comprenant femmes et enfants, ce qui ramené aux seuls hommes, fait monter le rapport à 1 sur 3 ou 1sur 4. Des taux que l'on retrouve si on se penche sur les pertes par classe d'appelés qui peuvent grimper jusqu'à 33%. Enfin la guerre terminée, les séquelles du conflit furent toujours présentes, les invalides ou les estropiés rappelaient au quotidien l'actualité de l’effroyable événement. Ainsi, les statistiques au niveau national font apparaître que plus d'un survivant de 1914-1918 sur cinq avait déjà disparu en 1938. |